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Stéphane DERVILLÉ

 

 

 

 

Ses empreintes, sa vie, son œuvre, ses traces et son monde contemporain.

 

Plan

- Introduction
- En préambule : à la recherche des traces actuelles, de ses empreintes
- Ses portraits
- De l’enfance à l’âge adulte de 1848 à 1874
- Son métier ses autres actions de 1874 à 1925
- Sa vie politique, son personnage essentiellement "parisien"
- Ses honneurs
- Ses demeures
- Les liens communs entre Sarah BERNHARDT et Stéphane DERVILLÉ
- Son monde contemporain
- Son côté artistique
- Sa descendance
- Ses obsèques
- Conclusions
- Remerciements

- Bibliographie
- Résumé

 

INTRODUCTION

Depuis l’âge de 14 ans, je me suis passionné pour l’histoire de la famille, faire vivre l'histoire à travers une association familiale et généalogique, fut un de mes objectifs, en privilégiant l’étude du patronyme.
Mon père, Maurice DERVILLÉ griffonne un jour de vacances sur un papier de brouillon à gros carreaux les premières lignes de l’arbre familial.
Puis les questions viennent sur le côté maternel etc., et de fil en aiguille s’échafaudent les lignées.
Ensuite les histoires, telle celle d’un voyage en train de PARIS à LYON, à destination de GRENOBLE ou de MARSEILLE sur les lignes du Paris à Lyon et à la Méditerranée où lors d’un contrôle des billets, on s’interroge sur ce nom, vous ne seriez pas parents avec le président DERVILLÉ ? Demandèrent-ils à mon grand-père en présence de mon père qui me le relata.
Ce personnage étant décédé en 1925, mon père étant  né en 1916, il ne pouvait donc pas avoir plus de 9 ans au maximum lors de cette interrogation, l’anecdote se situe donc entre 1923-1925. Mon grand-père répondit non.
Mais ce fait rapporté par mon père m’est toujours resté en mémoire, et lors d’un passage en 1999 au congrès national de généalogie à BREST, où le Cercle Généalogique des Cheminots exposait et Bernard CARCEL est interrogé sur ce patronyme. Je découvre alors que le dénommé DERVILLÉ, se prénomme Stéphane.
On retrouve le patronyme dans les fichiers et ainsi on tombe aussi sur la commémoration de l’anniversaire du cinquantenaire du Paris à Lyon et à la Méditerranée à propos duquel un livre « Hommes et choses du P.L.M. » a été écrit, il relate l’événement. L’ouvrage est très intéressant et enrichissant, il retrace l’Histoire du TRAIN en FRANCE, d’où son intérêt pour le Cercle Généalogique des Cheminots.
Je fais l’acquisition d’un exemplaire de ce livre édité en 1911, retrouvé auprès de la «Librairie Ancienne» dite «Le trouve Tout du Livre» tenue par la famille Gourgues de Ginestas sur le canal du midi, au 28 allée glacière, Le Somail (11120). On peut y contempler en 1907, ses portraits, seul ou en compagnie du conseil d’administration de l’époque.
Puis grâce au livre « la généalogie de 165 personnalités » à la découverte de leurs racines, de Joseph VALYNSEELE et Denis GRANDO, présenté à la médiathèque de Nantes, on découvre dans la généalogie de Marc SANGNIER, le lien avec celui-ci, car la fille de Catherine DERVILLÉ (sœur de Stéphane DERVILLÉ), née Renée BEZANSON, l’a épousé en 1902.
Et ensuite le Cercle Généalogique de la Banque de France nous révèle par ses archives sa fonction de Régent et sa riche vie parisienne.
Enfin l’intervention d’Henri DROPSY à la fois ancien cheminot et descendant de marbriers me fournit à partir du livre « De pierre et de Marbre » de Monsieur DURONSOY, maire de Bellignies (59570) où se situe un musée du marbre, des renseignements techniques et économiques sur les marbres, cette pierre lisse froide et belle.
J'essaie alors de reconstituer la vie de ce personnage qui fut « Parisien ».
Il s'agit de Monsieur Stéphane Adolphe DERVILLÉ (4/5/1848-4/10/1925).
L’engouement pour ce personnage nait et prend forme.
De là découle l’histoire qui suit.
Voici donc une biographie chronologique qui va de 1848 à 1925, (en privilégiant la période de 1893 à 1925), à propos sur un homme célèbre dont paradoxalement on ne trouve pas de trace ostensible ou perceptible, alors que celles-ci existent bien que discrètes, ponctuelles ou éparses.
Nous allons le découvrir.

 

En préambule: à la recherche des traces actuelles, de ses empreintes, on développera son action
On retrouve dans différents endroits de Paris la trace de son passage, ainsi :

  1. 1 - Au tribunal de commerce de la Seine à Paris, sur l’île de la cité, 1 quai de Corse, où il fut président de ce tribunal de 1893 jusqu'à la fin de 1896. Son buste de marbre blanc, œuvre du sculpteur Alexandre FALGUIÈRE, membre de l’Institut. Il trône dans la Grande Salle d’Audience des délibérations plénières, inauguré en 1896.
•1 - le tribunal de commerce de la Seine à Paris, sur l’île de la cité, 1 quai de Corse, où il a été président de ce tribunal de 1893 à 1896

 

  Aspect extérieur du Bâtiment

 

 

Son buste du sculpteur A. Falguière, au tribunal de commerce de la Seine dans la Grande Salle d’Audience à Paris,

 inauguré en 1896

 

 

  1. 2 - Au restaurant (buffet) le «Train Bleu» de la gare de Lyon à Paris, point de départ de la ligne P.L.M. (Paris à Lyon et à la Méditerranée) dont il fut le président de 1899 à 1925. Le buffet, a été inauguré par le Président de la République, Émile LOUBET, le 7 avril 1901. Les peintures sur le théâtre «Orange» à gauche en entrant dans un des angles de la grande salle du restaurant, dans l’angle droit du buffet, Stéphane DERVILLÉ est d'ailleurs représenté en présence du tout Paris et du tout P.L.M. peint par Albert MAIGNAN (1845-1908), peintre d’Histoire né à Beaumont sur Sarthe et dont l’école était au Mans (Sarthe 72). Ce lieu classé monument historique depuis 1972, ayant servi de décor pour les films tels que Nikita ou Filles uniques. Les photos numérisées m’ont été confiées grâce à l’obligeance d’Henri DROPSY qui m’indiqua l’existence du livre sur « Le Train Bleu Paris » Édition P.L.U.S. (ISBN.290.8557-01.01991). Celui-ci me sera offert par la responsable de communication, Madame DENIAUD. Le "Train Bleu" a été évoqué dans ma lettre à Monsieur le Premier Ministre de l’époque, Lionel JOSPIN et où je rappelais sa signature sur le livre d'Or du restaurant le 16 décembre 1989. Le "Train Bleu" a fêté son centenaire le 7 avril 2001, mais je n’ai pu y assister  ni me libérer du fait d’un empêchement de dernière minute.

 

 
•2 - Le restaurant (buffet) le train bleu de la gare de Lyon à Paris point de départ de la ligne P.L.M. (Paris à Lyon et à la Méditerranée) dont il fut le président de 1899 à 1925.

Le buffet, inauguré par le Président de la République, Émile LOUBET, le 7/4/1901, décrété monument historique depuis 1972.

 
 
 
Le restaurant (buffet) « le train bleu » à l’étage de la gare de Lyon à Paris
   
 
 
  Le voici en présence du tout Paris et du tout P.L.M. peint par Albert MAIGNAN « Le train Bleu » restaurant de la gare de Lyon à Paris et peinture sur le théâtre « Orange »  
 

On peut l’admirer avec entre autres, son portrait en compagnie de Sarah BERNHARDT, RÉJANE, Madame Julia BARTET, illustres comédiennes, d’autres évoquent le chanteur Jean BARTET sans oublier Edmond ROSTAND représentant le tout Paris en compagnie du tout P.L.M. dont le Directeur Général NOBLEMAIRE.

 
     

 

 

 

 

  1. 3 - Sur la pile gauche du pont Alexandre III, rive gauche de la Seine, relatant l’exposition universelle de 1900, où il était directeur général adjoint en charge de la partie française, appelé par le Président de la République dès 1898 pour la préparer. Sur cette pile gauche est sculpté un macaron.
La pile gauche du pont Alexandre III et son Macaron           
Vue d'ensemble de la pile gauche
le (18/12/2003),
avant grattage
après grattage à droite (photo de 15/12/2011)
Le Macaron Tagué
 

(photo le 30/10/1995 de Mme Danielle Tchiboukdjian née Dervillée, soumis à ma connaissance le 3/2/2001

Il est inscrit sur ce Macaron :
On le voit ultérieurement, en décembre 2003, toujours tagué
«L’Exposition Universelle Internationale de 1900 a été organisée et dirigée par Alfred PICARD, commissaire général, assisté de DELAUNAY-BELLEVILLE, DERVILLÉ, directeurs généraux, BOUVARD, CRISON, DEFRANCE, directeurs et CHARDON, RESAL, chefs de service.
Le macaron de la pile Gauche du pont Alexandre III,     (photo le 18/12/2003)
 
 
Aspect en décembre 2011 après grattage,             (photo 15/12/2011)

Pour l’exposition Universelle de 1900, les visites de chantier, la présence du ministre du Commerce M. Millerand en présence des Directeurs de l’Exposition, M. Picard, M. Delaunay-Belleville, M. Dervillé, les présidents d’Honneur, les courriers à en-tête de l’exposition et documents divers de revues.

les visites de chantier (Don copie de M. Chasles)
la présence du ministre du Commerce M. Millerand en présence des Directeurs de l’Exposition, M. Picard, M. Delaunay-Belleville, M. Dervillé, M. Résal

 

Don copie de M. Chasles
le retour à L’ÉLYSÉE, en présence de Stéphane Dervillé
Source exposition universelle 1900, C.A.R.A.N. Paris
Source exposition universelle 1900, C.A.R.A.N. Paris
Source exposition universelle 1900, C.A.R.A.N. Paris
 

Don copie de M. Chasles

Pour l’exposition Universelle de 1900, on rappelle les cheminées DERVILLÉ :

Salons Louis XV
Salon Louis XVI
les cheminées DERVILLÉ (Don copie de M. Chasles)

 

Ses Portraits


Reproduit sur des revues ou dans des coupures de journaux (dons d’un de ses descendants et d’autres sources).

Don copie de M. Chasles

Don copie de M. Chasles Ici, pris en tant que Directeur général adjoint de l’Exposition universelle de 1900.

Dessin par Paul Renouard, Société Nationale des beaux-Arts, catalogue illustré du salon 1901, Bashet Paris 1901.

    (Source Monsieur d'Arjuzon, Président de chambre honoraire au Tribunal de commerce de Paris, « BUSTE DU PRESIDENT STEPHANE DERVILLÉ », mars 2015). (visible sur internet avec mon dossier Wikipédia).

 

Dans La Finance illustrée, «Président du P.L.M. », le 11 Décembre 1910

Don copie de M. Chasles

Source des archives de la Banque de France

entres autres.
cliché par Pierre PETIT
  Dessin de AS, n°8 le 1 mai 1898, « Exposition Universelle », le directeur, ou Caricatures n°14 le 5 octobre 1899 par FOCLA, dans « Nos financiers en robe de chambre » revue biographique illustrée   (source archives de la Banque de France)

Son portrait et sa représentation au sein du conseil d’Administration du P.L.M.,

Extrait du livre « Hommes et Choses du P.L.M. » lors de l'anniversaire des 50 ans de la ligne en 1907.    
    Enfin, lors de son décès son portrait extrait de «l’HOMMAGE de la compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée à son Président 1899-1925».  

On peut découvrir sa signature.

     
 
source : C.A.M.T. Roubaix   source : C.A.M.T. Roubaix

 

 

 

De l’enfance à l’âge adulte de 1848 à 1874 Son état civil, sa parentèle, l’arbre généalogique Dervillé, Lien avec la famille Sangnier, arbre généalogique de celle-ci.


Ce 4 mai 1848, nait à 2h et demi du soir, DERVILLÉ Stéphane Adolphe, à Saint Maurice Montcouronne (91 essonne), chez Étienne François Claude BELLAND des COMMUNES, 54 ans, négociant, son grand-père maternel.

 
Acte de naissance 4 mai 1848
à Saint Maurice Montcourronne
 
acte de décès 4 oct 1925 à Paris XVII
•Son état civil

Son père est Cyr Adolphe (1815-1868), il avait 33 ans à sa naissance, de profession marbrier, domicilié à Paris, 26 quai Jemmapes, maire de Saint Maurice de 1863 à 1868 et sa mère, Louise Catherine Eudoxie BELLAND des COMMUNES, 19 ans à son mariage (née à Pointe à Pitre, Grande Terre, Guadeloupe le 15 janvier 1829), bienfaitrice de la paroisse.

La mairie de St Maurice où il est né en le 4 mai 1848 et où son père, Cyr Adolphe Dervillé, fut maire
de 1863 à 1868.
Les 2 lavoirs de la ville ont été restaurés par sa mère Louise Catherine Eudoxie Belland des Communes
L’église de Saint Maurice Montcouronne, commune,

où sa mère Louise Catherine Eudoxie Belland des Communes fut bienfaitrice de la paroisse

     


Dans les années 1890, Madame Eudoxie DERVILLÉ contribue à la mise en valeur de l’édifice en offrant un vitrail de Saint Maurice à cheval, le pavage en marbre du chœur, et en se faisant édifier un somptueux tombeau en marbre de Carrare à l’imitation de ceux du Moyen Âge.

On peut y lire : à gauche pour elle même et à droite sur l’autre tableau, en référence à sa nièce

En l’honneur de sa mère Louise Catherine Eudoxie Belland des Communes

« A la mémoire de dame Louise Catherine Eudoxie Dervillé BELLAND des COMMUNES née à la pointe à Pitre le 15 janvier 1829 décédée aux bains de Capvern le 22 août 1895. Bienfaitrice de cette paroisse de Saint Maurice où elle a grandi et vécu donnant sous leur forme la plus aimable l’exemple de très hautes vertus » et en encorbellement « Indulgence la bonté dans son cœur et la simplicité dans ses œuvres » « A la mémoire de Marianne Eudoxie BEZANSON Comtesse de BARRAL de MONTAUVRARD, elle naquit à Saint Maurice, vécut heureuse s’oubliant elle-même édifia simplement et quand elle mourut à Carrare le 20 septembre 1904 dans la grâce de ces 28 ans autour d’elle pleurèrent les anges de la charité de la douceur et de l’amour »
Intérieur de l’église

En l’honneur de sa nièce Marianne Monique Eudoxie Bezanson

 

 
•Arbre généalogique dervillé, la parentèle
•Lien avec la famille Sangnier, arbre généalogique
 
   
       

Son grand-père paternel, Claude DERVILLÉ est né à Heilles, Oise, il était géomètre de première classe et il s’installe à Estrées Saint Denis, (Oise) (1787-1872).
Sa première sœur, Marie Catherine, née en 1850, elle épousera Alfred BEZANSON notaire (1843-1890).

  Chez Jean Sangnier, directeur du journal Marie France et membre du conseil de divers journaux  

Marc Sangnier, son père, au milieu du groupe

Votre serviteur et Jean Sangnier, chez lui en 2001

Situation boulevard RASPAIL

Elle deviendra la grand-mère maternelle de Jean SANGNIER, directeur du journal Marie France et membre du conseil de divers journaux que d’ailleurs j’ai rencontré en octobre 2001, il est le fils du célèbre Marc SANGNIER (1873-1950) étant à l’époque journaliste, fondateur de la Démocratie Chrétienne, Directeur du mouvement « Le Sillon », et député de Paris. Il a lancé le mouvement Catholique social et démocratique en 1894, désavoué par Pie X en 1910, il fonda la Jeune République en 1912 et il créera la Ligue Française des Auberges de Jeunesse en 1929.
 Leurs parents habitaient le 26 quai Jemmapes à Paris.
 Jane, sa deuxième sœur est née en 1857, elle est donc de 9 ans sa cadette, elle ne se mariera pas tout comme lui.
Il est donc l’aîné des trois enfants. Stéphane DERVILLÉ se retrouvera dans la descendance ainsi seul à porter le nom.
Il naît donc avec l’avènement de la II ème République, et entre la Révolution des 22 à 25 Février 1848 et les journées des 21 au 26 juin 1848, et un signe, on le verra pourquoi plus loin, avec le début du développement des chemins de fer.
Mais à 4 ans, il est bercé par l’épopée napoléonienne, de Louis-Napoléon BONAPARTE à NAPOLÉON III, il le sera aussi pendant toutes ses études et ceci jusqu’à l’âge de 22 ans. Mais entre-temps, il devint orphelin de père en 1868 à l’âge de 20 ans, il n’était pas majeur pour l’époque, il avait déjà perdu en 1861, à l’âge de 13 ans, son grand-père maternel, Etienne François Claude BELLAND des COMMUNES.
Il fait des études de Droit, rencontre une jeune fille, originaire du Jura, Alexandrine Eugénie Marie PERNIN, étudiante sage-femme à Paris, ils vécurent 5 à 6 ans ensemble, mais elle lui refuse sa main car à ses yeux il est un pauvre parti.
Au lieu d’en faire un avocat sans cause ou un médecin sans malade (selon « Le financier illustré » de 1910), son père, très sagement voulut en faire un homme pratique comme lui et le dirigea vers le commerce et l’industrie. Dès 20 ans il est à la tête de l’entreprise familiale, négociant marbrier à PARIS, maison fondée en 1835 (à sa naissance en 1848, l’entreprise existait depuis de 13 ans). Ceux sont ses débuts dans la vie industrielle. L’établissement central se situait au 164 quai de Jemmapes à Paris.

Carte signalétique (source archives de Paris)

 

Aspect du siège (source archives photothèque Vincennes)

 
•En 1870 il est Capitaine au 110 ième Bataillon de la Garde Nationale, il est mobilisé à 22 ans, le 6/12/1870, pour le siège de PARIS.


En 1870 il est Capitaine au 110 ème Bataillon de la Garde Nationale, il est mobilisé à 22 ans, le 6 décembre 1870, pour le siège de PARIS, (on peut voir sa carte signalétique et une vue du siège).
En 1872 à 24 ans, il perdra son grand-père paternel, Claude DERVILLÉ, maire adjoint d’Estrées saint Denis (60 Oise), une inscription fut portée à postériori sur la sépulture de celui-ci relatant la gloire de son petit-fils.
Il aura une aventure avec une danseuse nommée Jeanne CHASLES.
Depuis la guerre de 1870, il ne connaîtra alors que la III ème République jusqu’à 77 ans l’âge de son décès en 1925.

 


Son métier, ses actions de 1874 à 1925 Nous allons parcourir, les étapes de sa belle et riche carrière


- En 1874, Conseiller municipal de Saint Maurice, il a 26 ans.

- En 1874, Secrétaire de la Chambre Syndicale de la Marbrerie de PARIS en décembre 1874. Tout en étant marbrier donc entrepreneur de l’entreprise fondée en 1835 par son père. Comme commerçant, il s’occupe du syndicat et siège à la chambre de commerce.

- En 1875, lieutenant, 3ème territoriale d’artillerie, 10 mai 1875, à 27 ans.

- En 1878, concernant le marbre il obtient la médaille d’or à l'Exposition Universelle de PARIS, il avait 30 ans.

- De 1879-1880 à 1884, Juge suppléant consulaire au tribunal de commerce de la Seine à PARIS, le 17 décembre 1879.

- En 1879, chevalier de la couronne d’Italie 6 janvier 1879. Il fut peint au côté du Roi d’Italie Victor Emmanuel III.

- En 1881, Délégué cantonal de Dourdan, 2 mars 1881, à 33 ans.

- De 1881-1882, Agent consulaire de la République Française à Massa Carrara, ITALIE, du 19 juillet 1881 au 17 juin 1882, Il succédait à Monsieur BIAVATI décédé en décembre 1880. Il était citoyen de Carrare.

- En 1882, Administrateur du Sous Comptoir près le Crédit Foncier de FRANCE 12 janvier 1882, à 34 ans.
Président de la compagnie des assurances de l'UNION.
Vice-président du Conseil d'Administration des Chemins de Fer du MAROC.
Président de la Banque française et italienne pour l'Amérique du Sud.
Président de la Banque d'État du MAROC.
Administrateur et Vice-président du conseil de la Compagnie Universelle du Canal maritime de SUEZ et Vice-président de la Banque de PARIS et des Pays-Bas.
Administrateur du Comptoir Central de Crédit et de la Société Immobilière.
Administrateur de la Société des Eaux minérales d'ÉVIAN.
Membre du Conseil d'Administration de la Compagnie de VICHY.

- En 1883, concernant le marbre il obtient le diplôme d’honneur à l'Exposition Universelle d'AMSTERDAM, il avait 35 ans.

- De 1885 à 1887, Juge consulaire au tribunal de commerce de la Seine à PARIS, puis arrêt ayant atteint le nombre maximum d’années de mandat

- De 1889 – 1893, Membre du Conseil d’Escompte de la Banque de France.

- De 1890 à 1892, de nouveau Juge consulaire au tribunal de commerce de la Seine à PARIS.

- De 1893 à 1896, Président de l’assemblée consulaire du tribunal de commerce de la Seine, (installation le 25 janvier 1893, départ 1897), pour deux mandats de deux ans.

- De 1893 – 1909, Censeur de la Banque de France.

- En 1894, membre du conseil de surveillance de la société E.NAUD et Cie.

- En 1895, il est nommé administrateur c’est son entrée au Conseil d’Administration du P.L.M.

- De 1897-1898, Il prépare l’exposition universelle de 1900, il a alors 49ans, il est nommé vice-président de la société J.NAUD et Cie.

- De 1898 à 1925, Il devient membre de la commission des amis du Vieux Paris.

- En 1898, nommé Directeur général adjoint de l’exposition de 1900, Il est d'ailleurs caricaturé à plusieurs reprises dans les journaux, entre autres dans « nos financiers en robe de chambre » n°8 du 1er mai 1898, par Monsieur AS (revue biographique illustrée).

- De 1899 à 1925, Président du Conseil d'Administration de la compagnie de chemin de fer du Paris à Lyon et à la Méditerranée ou P.L.M.

- En 1900, Directeur général adjoint de la Foire Internationale et Universelle de Paris, directeur pour la partie française.

- En 1906, Vice-président du jury de l'Exposition Internationale de Milan, à 58 ans.

- En 1907, président de la société J.NAUD et Cie, 1908 il la cède à M. SOHIER.

- En 1909, Régent de la Banque de FRANCE, à 61 ans. (Les 15 Régents fondent le Conseil Général. Pour y entrer il faut posséder au moins 30 actions de la Banque de France).

- En 1910, Président du comité de direction des grands réseaux de chemin de fer Français.
Membre du comité consultatif des chemins de fer.
Président du Syndicat du Chemin de Fer de la Grande Ceinture de PARIS.
Président de la Compagnie Générale de Construction et d'Entretien de Matériel de Chemin de Fer.

- En 1911, Commissaire du Gouvernement Français à l'Exposition Internationale de TURIN FLORENCE ROME (services extraordinaires), d’avril à novembre, à 63 ans.

- En 1914, transport de troupes, « un tour de force » Rôle du P.L.M. sous la surveillance de M. MARGOT, pendant la grande guerre. Son action fut déterminante dans le transport en trois jours de nos troupes formant l'Armée envoyée au secours de l'Italie.

- En 1915, Membre du conseil de l'Ordre de la Légion d'Honneur, à 67 ans.

- En 1917, Président de l’Office de Reconstruction Industrielle des départements victimes de l'Invasion de 1914, à 69 ans.

- En 1919, Membre de la Commission chargée d'organiser les manifestations d'Art destinées à célébrer la Victoire, à 71 ans.

- En 1920, Membre du Conseil d'Administration du Conservatoire National des Arts et Métiers, à 72 ans.
Président du Jury supérieur à l'Exposition des Arts Décoratifs. Il ne sera pas remplacé à son décès.

- En 1924, pour ses 25 ans de présidence du P.L.M. un buste du sculpteur PUECH est installé dans la salle des séances du conseil en face de celui de Paulin TALABOT fondateur de la compagnie.

Le 4 octobre 1925, décès à 77 ans, qui surprend par sa soudaineté tout son entourage.


Suite à cette longue liste on détaillera quatre points : l’entreprise, le P.L.M., La Banque de France et l’aura internationale comme organisateur d’expositions.

Les usines, les carrières et le procédé breveté du Revêtement pelliculaire

 
Source- Galica.BNF.fr/bibliothèque geneanet Source Monsieur DURONSOY, « De pierre et de Marbre »  
     

Photo d’Eugène Atget

 
     
 

La rivière de l’Ourcq devenant canal st Martin avec le site supposé des établissements Dervillé, 164 quai de Jemmapes à Paris X.

 

Le canal st martin  et aspect du quai de Jemmapes à Paris en 1905

 
la sainte Victoire, au loin Le métier, La marbrerie La brèche d’Alep au pied de La Sainte Victoire près d'Aix en Provence (13)  

Écrit ici 1930

   

Exploitant de carrières diverses de marbre en France (Alpes, Pyrénées, Jura, les Cévennes, le Sud et le Nord de la France), en Italie, Belgique, Tunisie et Algérie, donc aussi des exploitations internationales. L’entreprise totalise 50 carrières, 5 usines, 2000 ouvriers.
Ainsi, la matière première provient de 23 sources donc propose 23 marbres différents. Les 23 gisements sont, Le Bize (Hautes-Pyrénées), Le Blanc de Saint-Béat, le statuaire national (Haute-Garonne), La Brèche dorée (Ariège), La Brèche du Roussillon (Pyrénées-Orientales), La Brèche de la Sainte-Victoire du Tholonet Saint-Antonin dite impériale ou d’Alep dans le parc départemental de Roques-Hautes (Bouches-du-Rhône), Le Grand antique (Ariège), La Griotte dite de Caunes ou d’Italie (Hérault), L’Héchettes (Hautes-Pyrénées), Le Jaune Sainte-Beaume (Var), Le Languedoc (Aude), Le Marie-Jane (Haute-Garonne), Le Noir Français (Nord), Le Noir veiné (Nord), Le Rose aurore (Hérault), Le Rose Enjugeraie (Mayenne), Le Rosé (Aude), Le Rouge acajou (Haute-Garonne), Le Rouge antique(Aude), Le Sainte-Anne Français (Nord), Le Sarrancolin (Hautes-Pyrénées), Le Vert  Guchen (Hautes-Pyrénées), Le Vert des Alpes Maurin (Basses-Alpes), Le Vert Moulins (Aude et Haute-Garonne).
Aussi les sociétés de carrières de Molinges (Jura), de Caunes (Aude), en Belgique Le Sainte-Anne de la Bussière (province du Hainaut), Le Sainte-Anne de Gougnies (province de Namur), Le Rouge de Flandre (province de Namur), en Italie presque toute les qualités livrées au commerce parmi lesquelles Carrare et Massa. Il possédait à Monticello de Carrare (où on extrait le marbre blanc) d'importantes carrières dont il surveillait lui-même l'exploitation.

 

Carrière de marbre blanc de Massa Carrara, Italie

   
 
Peinture de John Singer Sargent's Carrara: Monsieur Derville's Quarry   Sur la chaîne de télévision "Arte" « paysages d’ici et d’ailleurs » -2014- François Chayé - carrare, Italie, vu le 23/3/205  

 

 

Les 5 usines, Houdain lez Bavay (Nord), Pont-sur-Sambre (Aulnoye), Hon-Hergies, Jeumont, Valenciennes, utilisent 60 châssis de sciage, taillage et polissage avec de nouvelles techniques brevetées.

 

Aspect d’une usine

 
   
 

Houdain lez Bavay, Nord

 

Les entrepôts et maisons de vente avec scieries à Paris et Marseille au capital de 8 millions de francs de l’époque.
Ultérieurement les Établissements DERVILLÉ seront dirigés par sa sœur Rosalie Jeanne Marie dite « Jane » DERVILLÉ héritière de la fortune jusqu’en 1948 puis par Bernard Alfred Louis Antoine de BARRAL de MONTAUVRARD.

En 1960, on peut d’ailleurs visiter une résidence de l’époque, revêtu du marbre Dervillé, à Boulogne-Billancourt (92 hauts de Seine) quai du 4 septembre, non loin du Jardin du musée départemental Albert Khan.

     

Marbre Dervillé et résidence de Boulogne Billancourt (92) quai du 4 septembre, non loin du Jardin du musée départemental Albert Khan

 

     
 

Le siège du P.L.M. 88, rue Saint Lazare Paris IX

« La présidence de Stéphane DERVILLÉ peut se diviser en deux périodes bien distinctes, l'une antérieure, l'autre postérieure au 1er août 1914.

Jusqu'à la grande guerre, la Compagnie était sous le régime de la Convention du 20 mai 1883, amendée en 1897, qui comportait, en cas d'insuffisance du produit net, une garantie de l’État, limitée en quotité comme en durée et, en cas d'excédent supérieur à dix millions, un partage des bénéfices avec le Trésor.

L'accroissement continu des recettes par suite du développement du trafic de 1899 à 1913 inclus qui passèrent de 428 à 588 millions ne permit que rarement d'atteindre la limite du partage des bénéfices, l'accroissement des ressources ayant dû être affecté d'abord à équilibrer l'augmentation annuelle des charges d'établissement et des dépenses d'exploitation, puis à perfectionner l'outillage du Réseau, enfin à améliorer la situation du personnel.

Bien qu'il n'y eût pas à se préoccuper à cette époque du change dont les variations étaient négligeables, diverses causes générales, telles que l'insuffisance de la production houillère française, le développement de l'industrie, la promulgation de certaines lois sociales, etc. ... avaient déterminé un renchérissement progressif du coût de la vie. De nombreuses revendications relatives aux salaires, aux conditions du travail, aux retraites, se faisaient jour; elles atteignirent leur maximum d'acuité lors de la tentative de grève générale de 1910.

Mais bien avant cette période de tension et, dans la suite, avec une remarquable continuité de vues, le Président avait pris l'initiative de certaines mesures et choisi, en outre, parmi les desiderata exprimés, ceux auxquels il lui paraissait légitime de donner satisfaction. C'est ainsi que l'on peut noter en 1904, 1910 et 1912, l'extension du nombre des bénéficiaires des allocations de famille et le relèvement de leur taux; en 1906, d'accord avec tous les grands Réseaux, l'institution du repos hebdomadaire; en 1907, l'extension de la gratification annuelle à tous les Agents; en 1910 l'établissement de l'indemnité de cherté de vie; en 1911, 1912 et 1913, les relèvements de salaires de certaines catégories d’Agents ou des Agents de certaines régions, etc. ...

Il avait aussi fait commencer l'étude du réajustement des Caisses de retraites de la Compagnie, mais cette étude fut interrompue par le vote de la Loi du 21 juillet 1909 sur les retraites des Agents de Chemins de fer. Ce n'est pas sans une profonde amertume qu'il vit employer la contrainte légale vis-à-vis de ceux qui avaient été en France les initiateurs des retraites ouvrières. Il put constater néanmoins, avec quelque fierté, que les pouvoirs publics s'étaient inspirés directement dans leur projet des dispositions du règlement de la Caisse des Retraites fondée par la Compagni P. L. M. en 1864.
En fait, pendant la période de quinze années, qui s'étend de 1899 à 1913 inclus, il fut fait appel à la garantie en 1901 et 1902 et deux fois également il y eut lieu à partage des bénéfices, en 1906 et 1907. On ne pouvait que se féliciter de la stabilité relative de ces résultats.

Lors de la déclaration de guerre, les préoccupations relatives à la gestion financière du Réseau s'effacèrent devant les nécessités de la défense nationale; tous les efforts étaient tendus vers un but unique: gagner la guerre, au prix de tous les sacrifices. Le Réseau était d'ailleurs passé avec toutes ses ressources en personnel et en matériel sous le régime de la réquisition. Les transports commerciaux avaient été suspendus puis repris progressivement. Néanmoins les recettes avaient subi une rude atteinte et il était évident, dès le début de la guerre, que l'année 1914 se solderait par un déficit important. Encore pouvait-on cette année, et pour la dernière fois, faire appel à la garantie.

Mais avec la prolongation de la guerre, la situation financière de la Compagnie empirait de jour en jour. Si, de 1915 à 1918, les recettes progressaient par suite de la superposition du trafic commercial aux transports stratégiques, l'ascension des dépenses se manifestait encore plus rapide, aggravée qu'elle était par le déséquilibre des changes qui commençait à se produire. En 1917, le déficit fut de 94 millions, en 1918, de 212 millions et malheureusement le Réseau avait été soumis à une telle usure qu'après la cessation des hostilités le gouffre continua à se creuser. En 1920, le déficit avait dépassé 600 millions.

En présence d'une situation qui affectait de même, quoique à des degrés divers, les autres Réseaux, ceux-ci s'étaient rapprochés et avaient estimé qu'il fallait créer des ressources nouvelles et pour cela réviser les tarifs de transport, en vue de tenir compte de l'augmentation du prix de la vie et des matières; c'est ainsi que des majorations successives furent appliquées avec l'agrément du Ministre des Travaux Publics. Mais ces mesures ne devaient pas suffire, car il fallait encore liquider le passé. D'où la nécessité d'étudier la modification des contrats passés entre l'État et les Compagnies concessionnaires, contrats qui n'avaient pas prévu des éventualités aussi tragiques que celles d'une guerre se prolongeant pendant plus de 4 ans.

L'État, de son côté, désirait un remaniement des Conventions qui renforcerait son autorité sur les Réseaux, les rendrait solidaires et tendrait vers leur unification.

Au cours des laborieuses négociations qui furent entamées à cette occasion, le Président DERVILLÉ prit l'initiative, après avoir consulté les juristes les plus autorisés, de demander à l'État réparation du préjudice causé au Réseau P. L. M. par la réquisition dont celui-ci avait été l'objet. Grâce à la force de sa conviction et à sa persévérance, il fit admettre par les pouvoirs publics, et ce fut bien son œuvre personnelle, la théorie du dessaisissement. Cette théorie a été consacrée par la Convention du nouveau régime, qui a, notamment, accordé à la Compagnie P. L. M. le remboursement par annuités de son déficit de guerre.

Une autre besogne non moins urgente était de remettre le Réseau dans l'état où il se trouvait antérieurement au 1er août 1914. Elle fut entreprise dès la signature de l'armistice. Il fallait reprendre, suivant les règles du temps de paix, l'entretien des voies qui avait été réduit au strict minimum pendant les hostilités, exécuter les renouvellements différés, réparer le matériel roulant usé ou avarié, faire de nouvelles commandes pour rajeunir le parc et faire face à l'accroissement du trafic, refaire les horaires et veiller à la régularité de la marche des trains trop souvent compromise par la mauvaise qualité du combustible. Par-dessus tout, il fallait s'attacher à l'éducation du personnel dont le recrutement laissait beaucoup à désirer depuis que l'état de guerre en avait tari les sources normales. C'est à ce moment que sévit ce qu'on a appelé assez improprement la crise des transports, période de grande activité pendant laquelle le Réseau parvint, malgré le mauvais état de son outillage, à faire face à un trafic supérieur à celui qu’on avait pu constater antérieurement.

Peu à peu le Réseau rentra dans l'ordre, mais l'essor industriel et commercial était tel qu'il fallut consacrer plusieurs exercices au renforcement de ses moyens d'action : doublement des voies sur les sections les plus chargées, extension des gares de triage, études d’électrification, augmentation de la capacité des lignes par la création de nouveaux postes de block, de nouvelles voies de garage, par l'établissement du dispatching system, par la construction de nouveaux dépôts et la mise en service de machines plus puissantes, etc... Le Président approuva entièrement les programmes présentés à ce sujet par la Direction Générale dont les pronostics relatifs au trafic se sont amplement réalisés. Le tonnage kilométrique utile qui en est la mesure a dépassé, en effet, en 1924, de 50 % celui de 1913, et il est encore en voie d'accroissement.

Les progrès techniques ont marché de pair avec l'amélioration la situation financière, le déficit étant passé de 600 millions en 1920, comme on l'a dit plus haut, à 51. 5 M en 1924.

Stéphane DERVILLÉ après avoir été l'un des principaux artisans de la Convention du 28 juin 1921 qui établissait la coordination des Réseaux, était tout désigné pour être le premier des Présidents du Comité de Direction. En cette qualité, il fut appelé à assurer la mise en marche des rouages du nouveau mécanisme, et grâce à ses qualités d'habile administrateur, grâce à son tact, il parvint à triompher des difficultés inséparables d'une organisation naissante. Il fit prévaloir, dans des discussions au sein du Comité comme il l'avait fait dans toutes les assemblées délibérantes qu'il présidait, les traditions de méthode et de courtoisie qui préparent et facilitent les conclusions équitables. Tout en laissant jouer largement le principe de solidarité, établi entre les Réseaux, il eut à cœur de respecter l'autonomie de chacun d'eux. Bref, il exerça la présidence avec une intuition parfaite des changements que le nouveau régime apportait aux relations des Réseaux entre eux et avec l'État. »

En 1899, nomination du nouveau Président relaté par le Procès-verbal, N°17 du conseil d’administration du P.L.M.,

Le P.L.M. élection de M. Dervillé à la présidence en 1899

-1-

Son allocution lors de sa prise de présidence -2-

Source C.A.M.T. Roubaix

Source C.A.M.T. Roubaix

Source C.A.M.T. Roubaix

 

-1- « Monsieur le vice-président, proclame en conséquence que M. Dervillé est nommé Président par 18 suffrages et ajoute qu’il sera donné avis de cette élection à chacun des syndicats de ceinture dans lesquels Monsieur Dervillé prendra la place laissée vacante par le décès de Monsieur Tirman (aussi ancien gouverneur de L’Algérie), puis il s’exprime en ses termes.
Monsieur le Président, Quand il y a 4 ans, Monsieur le Président Mallet posa devant le conseil votre candidature, alors qu’absorbé par votre haute tache de Président du Tribunal de Commerce vous n’y songiez point vous-même, il nous disait : Monsieur Dervillé est de ceux que l’on doit aller chercher; il sera pour nous un collègue sympathique d’une haute valeur, d’une grande modestie, et pourra être plus tard une réserve pour la présidence … »

En réponse à son élection, son allocution, -2- « Près de vos anciens, mes chers collègues, je m’étais défendu selon ma conscience d’accepter un honneur pour lequel, en cette compagnie, tant de hautes personnalités et de compétences semblaient avant moi désignées. Aujourd’hui que vous avez fait taire mes scrupules par l’unanime expression de votre confiance, si je n’ai plus le droit de discuter ici votre choix, laissez-moi vous dire que de cette confiance je sens le prix et le fardeau.
Mais les traditions de mes prédécesseurs jalonnent en quelque sorte le chemin que je dois suivre en ma tâche nouvelle; elle nous conduits à cette prospérité, à ce bon renom, dont avec vous et la direction, je dois désormais….. »


La séance du 1er septembre 1899, est la première de sa présidence et un autre exemple, la séance du 7 décembre 1900, en présence des membres indiqués.

Le métier, les chemins de fer, La présidence du Conseil d’Administration du P.L.M.
 

Source C.A.M.T. Roubaix

 

Source C.A.M.T. Roubaix

 

 
Le métier, les chemins de fer, rues et cités portant son nom
 
   

Don M. Dropsy

Migennes dans l’yonne ou bien le 2 rue stéphane Dervillé Bat U1  à Montchanin, Saône et Loire, Bourgogne Sud

 

 

Le métier, les chemins de fer
 

Source- Galica.BNF.fr/bibliothèque geneanet

 

 

 

Allocution  du président du P.L.M. au président de la république M. Loubet, le 20 avril 1903, suite à l’inauguration de la ligne algérienne et le début de sa réponse en retour

  • « Monsieur le Président, Sur notre rive méditerranéenne, partout où vous verrez étudier les besoins, récompenser les dévouements, faire naître nos initiatives, parler d’apaisement et de concorde, partout on acclame le président de la république, et la foule qui vous approche demeure sous le charme de votre simple, clairvoyante, inlassable bonté.

Ceux qui ont eu l’honneur de vous conduire aux confins de leur réseau, voulant apporter leur contribution à ces vivats de fêtes.
Avec tous mes collaborateurs, du premier au plus humble, je vous rends hommage, et au nom de tous aussi, je vous présente l’assurance de notre loyalisme.
En termes qui nous ont profondément touchés, vous avez dit à Sidi Bel Abbès, comment vous comprenez nos devoirs dans le grand service public que nous assurons. Oui, certes, nous avons souci de mérité la confiance de l’état et la faveur du public. Nous savons que sur tout le réseau vos paroles si pleines de justesse ajouteront à nos énergies. Là encore vous aurez bien semé pour la chose publique. Un grand artiste a gravé sur une médaille cette devise ; « ferro conjungit », « relie par le fer » n’était-ce pas un régal d’entendre à Sidi Bel Abbès notre cadette louer la bonne harmonie des lignes algériennes.
Sur cette terre où elle a prolongé ses rails, ma compagnie s’enorgueillit de créer un lien de plus entre la métropole et la colonie.
Contribuer, pour notre part, à l’union chaque jour plus étroite et plus prospère des deux Frances, c’est la véritable conception de notre mandat. Ici même « ferro conjungit ». Il m’a semblé que la traduction de cette volonté qui chez nous est constante, était le meilleur compliment à vous faire aujourd’hui, à vous qui vous vous souvenez du portefeuille des travaux publics, à vous que les questions de transport intéressent passionnément, à vous dont la haute sagesse vous a suggéré, dans le tarif agricole, de si pratiques réformes, et je ne saurais me rasseoir sans que vous permettiez à celui qui vous parle d’ajouter, ici, l’expression d’un respectueux attachement à votre personne.
Au nom de la compagnie de Paris à Lyon et aux deux rives de la Méditerranée, de son conseil, de son directeur, de ses ingénieurs, de ses 85.000 agents, je lève mon verre en l’honneur de M. le Président de la République. »

 
Extrait de la réponse de M. LOUBET :
« Vous vous êtes un peu trompé ; Monsieur le Président, en parlant de mon inépuisable bonté. Elle a ses bornes, et quoiqu’en disent certains esprits chagrins à l’endroit du Président de la République à tout faire et à tout signer, je ne fais pas tout et je ne signe pas tout.
La bonté est l’apanage de la vieillesse, car lorsqu’on a beaucoup vécu, on a beaucoup apprécié et aussi beaucoup aimé.
Mes cheveux sont blancs, mais ma mémoire est restée jeune; mon cœur plus encore et c’est pourquoi j’aime à le rappeler que partout j’ai rencontré de braves cœurs, de bonnes intelligences et surtout de bon français. »…

Source Don copie de M. Chasles

     

Le train royal quitta la gare de Lyon à 7h.30 pour Toulon ». D'autre part :

Biarritz, 5 avril, Le roi Edouard VII est parti ce matin pour Toulon.

La reine Alexandra d'Angleterre, l'impératrice douairière de Russie et la princesse Victoria ont quitté Londres à 10h.25 et sont arrivées à Calais, d'où elles sont reparties :

 la reine Alexandra et la princesse Victoria pour Toulon,

l'impératrice douairière de Russie pour Biarritz

     
   
     

 

Afin de faciliter la réception par M. Loubet des personnalités venues pour le saluer, le train spécial qui allait emmener le Président en Italie avait été rangé le long de la voie ordinaire des arrivées.

- Il comprenait, derrière le fourgon de tête, un grand wagon-restaurant, les trois voitures ordinaires de la présidence, le wagon salon du président du conseil d'administration de la compagnie et un autre wagon-salon réservé aux membres de ce conseil. Ajoutons à titre documentaire que le poids total de ce train spécial est de deux cent vingt-trois tonnes. Le wagon présidentiel avait été placé juste en face du vaste salon d'honneur, tout orné de tentures grenat frangées d'or et de plantes vertes, que la compagnie avait fait aménager pour la circonstance dans les bureaux des sous-chefs de gare.
C'est là qu'à sa descente de voiture M. Loubet a été salué par les diverses personnalités venues pour lui présenter leurs souhaits de bon voyage.

- Nous avons remarqué MM. Combes, président du Conseil; des ministres, Delcassé, ministre des Affaires étrangères; Doumergue, ministre des Colonies; Trouillot, ministre du Commerce; les généraux Florentin, grand-chancelier de la Légion d'honneur; Dessiner, gouverneur militaire de Paris; Voyron; MM. Noblemaire, directeur de la compagnie; Dervillé, président du conseil d'administration; le baron de Nervo, vice-président; de Selves, préfet de la Seine; Lépine, préfet de police; Autrand et Laurent, secrétaires généraux des deux préfectures; Mollard, directeur du protocole; Achille, vice-président du conseil municipal; Touny, directeur de la police municipale; le marquis Paulucci de Calboli, conseiller d'ambassade, remplaçant le comte Tornielli, qui a précédé M. Loubet en Italie; le marquis de Torre-Alfina, conseiller d'ambassade; M. de Montgolfier, président de la chambre de commerce de Saint-Etienne; le baron de Roujoux, sous-directeur du protocole et presque tous les membres du conseil d'administration de la compagnie du P.-L.-M.

- M. Loubet, tout souriant, traverse le salon d'honneur, accompagné de MM. Combes, Noblemaire, Dervillé et Lépine, et suivi des officiers généraux en grand uniforme qu’ il accompagnent.
Une touchante cérémonie, tour à tour, le Président de la République serre les mains qui se tendent vers lui, et a un mot aimable pour chacun, remerciant MM. Dervillé et Noblemaire, qui lui ont souhaité la bienvenue à la gare. Sur le quai sont alignés trente-six vieux employés et ouvriers de la compagnie auxquels, à l'occasion du voyage du Président de la République, le ministre du Commerce a décerné des médailles du travail. M. Loubet passe devant eux, puis revient dans le salon d'honneur accompagné de M. Trouillot et de tous les membres du conseil d'administration de la compagnie.

- Alors, appelés par M. Noblemaire, un à un, employés et ouvriers défilent devant M. Loubet, qui, en les félicitant, attache lui-même sur leur poitrine la médaille qu'ils ont si bien gagnée.

« Paris Soir » le 26 avril 1925

   

Inauguration d’un monument aux morts à la mémoire des agents du P.L.M. (1077 morts : 937 du réseau et 140 de l’Algérie)

 

Dervillers au lieu de Dervillé

Don M. Dropsy

  monument aux morts de la gare de Lyon à Paris, en marbre
  Le métier, La Banque de France, 39, rue croix des petits champs, Paris 1er et le 2 rue Radziwill  
La Banque de Paris
   
 

Il y fut :

- Membre du Conseil d’Escompte

- Censeur

- Régent

 

Source- Galica.BNF.fr/bibliothèque geneanet

 
     
 

Source- Galica.BNF.fr/bibliothèque geneanet

 

 

Au niveau national, la fonction occupée par Monsieur DERVILLÉ au sein des chemins de fer Français fut importante, nous l'avons bien vu ci-dessus.


Au niveau international, il a joué un rôle primordial dans l'organisation des Expositions Universelles, de Paris, Turin et Milan.

 
1 niveau pont Alma = >
 

 

 

 

 

 

< = 2 niveau pont Alexandre III

 

 

 

 

 
 
•1900, exposition universelle et internationale de PARIS ( Source images google )

Caricatures, Don M. Chasles

Messieurs Delaunay-Belleville et Dervillé sont représentés.

 

 
 
•1911, exposition internationale des industries et du travail de TURIN

 

 
 
 

Denys PUECH en bronze 1912

Hommage de gratitude de la section française

au Commissaire du gouvernement Français

 

de la part de Philippe MEIGNIEN Aequitas Lyon

 


Exemplaire pour son époque fut sa contribution à l'ouverture de l'économie française sur les marchés internationaux réalisée par les échanges vers l'Amérique du Sud, l'Egypte canal de Suez, au Maroc pour la banque et le chemin de fer, et l’Italie.


On termine en ajoutant sa position comme membre du conseil de l’ordre de la légion d’Honneur en 1915.

Sa vie politique, son personnage essentiellement « Parisien »
C’est l'une des figures les plus connues de PARIS, homme à l'esprit averti et cultivé, un organisateur et un animateur, d'une courtoisie et d'une amabilité légendaires. Il assumait avec une autorité remarquable les plus lourdes tâches.
Parmi et l’un des grands et remarquables Administrateurs Français, ce personnage hors du commun, Il se donnait sans compter. Il avait une devise « qu’il n’y a qu’un peu de travail de plus »
Selon la revue des « Banquiers illustrés » c’est un « Homme à l’imagination ornée et qui sait donner aux sentiments un tour pratique. Il a aussi une instruction très développée, et si l’on ose prononcer le mot d’érudition, qui semble éveiller des idées d’être rébarbatif et pédant, l’on peut sans crainte avancer qu’il possède la science complète du droit commercial et de ses applications, qu’il connait les origines les plus reculées des règlements, des édits ou des codes qui se réfèrent à telle branche de la vie mercantile et sait s’inspirer des travaux préparatoires de nos lois pour les interpréter ». Il ne s'inspirait que de l'intérêt général pour le bien public, la forme de l'atticisme dans la langue des affaires. Son aménité, sa modestie, son dévouement et sa cordialité sont les principaux traits de cet homme. Il savait tendre la main et on pouvait compter sur sa loyauté de caractère.
Son travail, son intelligence, son expérience, la clarté de son jugement sont les qualificatifs majeurs du personnage. Il était maître de toutes les situations, conducteur d'hommes, il savait choisir et apprécier ses collaborateurs.
Il s’occupera très tôt de ses neveux et nièces, enfants orphelins de père, ayant connu lui-même cette situation à l’âge de 20 ans, ainsi il remplacera à 42 ans avec l’aide de sa sœur Jane, le père de Marianne Monique Eudoxie BEZANSON, sa nièce qui épousera, Raoul Jean Arnaud Comte de BARRAL de MONTAUVARD, celui-ci décédera 2 ans avant Stéphane DERVILLÉ.
Il vivra au côté de sa mère Eudoxie jusqu’en 1895. Elle décédera à l’âge de 75 ans à CapVern les Bains (Haute Pyrénées), il avait alors 47 ans.
Cette période de responsabilité envers les siens durera près de 31 ans et l’aide s’accentuera dans les quatre dernières années de sa vie qui suivirent le décès de Marie Catherine sa sœur donc de 1921 à 1925.
Il en fit de même avec les deux enfants conçus hors mariage, de la sagefemme et de la danseuse, mais il ne leurs donnera pas son nom, mais son prénom.
Il a conservé jusqu'au bout sa haute stature, ses yeux bleus magnifiques avaient gardé la vivacité de la jeunesse et toute son activité malgré son grand âge, 77 ans.
En résumé, Monsieur Stéphane DERVILLÉ n'était pas mondain, il n'a pas fait de politique.

Ses honneurs
- Médaille d'Or à l'Exposition Universelle de PARIS en 1878, il avait 30 ans, il est dit : <<L'exposition de Monsieur Dervillé et compagnie, comme matières premières est tout ce qu'il y a de plus complet et de plus riche; elle fait honneur au commerce et à l'industrie des marbres>>.
- Diplôme d'Honneur à l'Exposition Universelle d'AMSTERDAM, 1883 il avait 35 ans, il est dit: <<rapport du jury classe 46: Dervillé et compagnie 164 quai de Jemmapes exposant de nombreux échantillons de marbre dus à des recherches longues pénibles intelligentes et coûteuses. Ils exposent également des cheminées et objets d'art exécutés avec leurs marbres. L'exposition offerte par eux aux regards émerveillés des membres du jury est aussi complète qu'il est possible de la désirer. Les membres du jury seraient heureux de voir récompenser les grands travaux de cet éminent industriel par une distinction nationale>>.
- Distinction de Chevalier de la Couronne d'ITALIE, 6 janvier 1879, à 31 ans.
- Élevé au grade de CHEVALIER de la LÉGION D'HONNEUR en 1883, à 35 ans, introduit par Henri Charles Allo. DENAND ancien président du Tribunal de Commerce.
- Promu OFFICIER de la LÉGION D'HONNEUR 1894, à 46 ans, introduit par Émile RICHEMONT, ancien Président du Tribunal de Commerce.
- Promu COMMANDEUR de la LÉGION D'HONNEUR 1900, à 52 ans, introduit par Alfred PICARD.
- Élevé à la dignité de GRAND OFFICIER de la LÉGION D'HONNEUR 1912, à 64 ans, introduit par le Président de la République Française, Clément Armand FALLIÈRES.

Ses demeures
Il habitât plusieurs résidences, (les notes sont situées en bas de page 21).